Témoignage d’un arboriculteur professionnel (2014)

"Dans ma parcelle d’abricotiers de 0.8 ha composée de plusieurs variétés (Hargrand, Tomcot, Sweet red, Orangered...), dont certaines auto-stériles (Sweet red, Orangered), nous avons installé un abri central renfermant autour de 550 abeilles sauvages que vous nous avez transmises qui sont venues se rajouter aux quelques unes récupérées dans les abris. Un peu plus loin (20 m et 50 m), nous avons installé 2 cabanes refuge pour accueillir les abeilles égarées ou ne souhaitant pas revenir à l’abri central et qui ont pu s’installer dans des bambous [renouer du Japon] et tube en carton mis à leur disposition.

Avec bien du retard, nous avons recueilli les abeilles dans leurs pupes (17/01/2015) : 151 individus dans les cabanes éloignées (122 mâles et 29 femelles) et 319 individus dans l’abri central (2 Dortoirs) soit 470 individus. On a pu observer que beaucoup d’individus ont été parasité ou mangé par d’autres insectes (une cinquantaine ?), chose qu’on aurait probablement évité si les pupes avaient été mises à l’abri plus tôt. Dans les abris, on a pu retrouver des larves orange de coléoptères, gendarmes, bourdon et guêpes. Et d’après vous, des auxiliaires consommateurs de sauterelles [Isodontia mexicana], une bonne nouvelle pour moi vu que cet insecte sévit de plus en plus dans les vergers.

Venons au résultat sur la production. Même si l’année était favorable à une meilleure pollinisation et production (alternance en 2013 + vergers voisins bien pollinisés en 2014), j’ai commercialisé 6000 kg en 2014 contre 3500 en 2013.

J’ai apprécié cette expérience pour plusieurs raisons :

  •  le producteur de fruits que je suis a besoin de partenaires pollinisateurs pour avoir de belles récoltes et cette  année, il semblerait que le résultat soit déjà là.
  • autrefois je louais des ruches à un ami apiculteur bio mais ça n’a pas été nécessaire cette année
  • à terme, mais assez rapidement tout de même, on installe une population naturelle et locale d’abeilles sauvages, plus efficace en plusieurs points que les abeilles mellifères (plus robustes, travaillant plus tôt et une meilleure qualité de pollinisation,...).

Même si l’expérience est passionnante et parce que je suis bien occupé par ailleurs, je n’ai pas eu les moyens de faire ça comme il faut (comptages aléatoires, retrait tardifs des abris, récoltes tardives de pupes,...) et malgré tout,  les résultats sont encourageants.

J’ai fais copie du mail à Fleur Moirot d’Agribiodrome et des personnes du GRAB (sur le point de faire leur commission d’orientation des expérimentations 2015) pour stimuler si possible un appuis au suivi de prochaines expérimentations (chez moi ou ailleurs).

En vous remerciant pour votre aide précieuse et dans l’attente de réfléchir ensemble aux actions à mener cette année."

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