Tous les articles par Paul B

La vie des Bourdons

Si vous avez le temps, voici un film magnifique fait sur les bourdons  sauvages* (une famille des abeilles sauvages, sociales).

Voici un aperçu très intéressant du monde des bourdons, un film de  43 minutes en qualité HD. N'hésitez pas à vous faire une tasse de thé ou café, de mettre votre téléphone en mode avion et d'afficher la vidéo en plein écran (le carré en bas à droite du cadre de la vidéo).

* si la vidéo ne fonctionne plus, merci de le signaler sur ma page contact, car parfois les producteurs limite le droit d'afficher leur travail.

Témoignage d’un professionnel de Permaculture

Voici une transcription des paroles de Magali (l'Arbre à Poule, de Villers St. Paul ) fait par une de ses coéquipières sur la production de fruits en 2016, l’année ou une population importante d'abeilles maçonnes (1200 individus) a été relâchée,  sur la ferme, pour la première fois.

Cette population venait d'un surplus d'abeilles (Osmia cornuta) que j'avais de mon élevage à Villers St Barthélemy à 58km de distance. J'avais enfin obtenu une récolte de 20,000 cocons pour la première fois après avoir bien maîtrisé l’accroissement des populations locales. Je cherchais un autre projet bio, relativement proche, pour faire un deuxième test de  pollinisation. A voir le premier témoignage d'un professionnel sur l’efficacité de la pollinisation des Osmia cornuta , notre premier projet dans le Var.

La peau des fruits était plus épaisse, dure, régulière et moins abîmée; Il y a eu une meilleure conservation des fruits par rapport aux autres années, dans les mêmes conditions de stockage; les pépins sont mieux développés, réguliers, et sont tous identiques; il y a également eu moins de perte (chute); ce fut une bonne année avec beaucoup de fruits.” - 2016

Voici leur page où notre collaboration - qui continue en 2018 - est mentionné.

 

 

 

Témoignage d’un arboriculteur professionnel (2014)

"Dans ma parcelle d’abricotiers de 0.8 ha composée de plusieurs variétés (Hargrand, Tomcot, Sweet red, Orangered...), dont certaines auto-stériles (Sweet red, Orangered), nous avons installé un abri central renfermant autour de 550 abeilles sauvages que vous nous avez transmises qui sont venues se rajouter aux quelques unes récupérées dans les abris. Un peu plus loin (20 m et 50 m), nous avons installé 2 cabanes refuge pour accueillir les abeilles égarées ou ne souhaitant pas revenir à l’abri central et qui ont pu s’installer dans des bambous [renouer du Japon] et tube en carton mis à leur disposition.

Avec bien du retard, nous avons recueilli les abeilles dans leurs pupes (17/01/2015) : 151 individus dans les cabanes éloignées (122 mâles et 29 femelles) et 319 individus dans l’abri central (2 Dortoirs) soit 470 individus. On a pu observer que beaucoup d’individus ont été parasité ou mangé par d’autres insectes (une cinquantaine ?), chose qu’on aurait probablement évité si les pupes avaient été mises à l’abri plus tôt. Dans les abris, on a pu retrouver des larves orange de coléoptères, gendarmes, bourdon et guêpes. Et d’après vous, des auxiliaires consommateurs de sauterelles [Isodontia mexicana], une bonne nouvelle pour moi vu que cet insecte sévit de plus en plus dans les vergers.

Venons au résultat sur la production. Même si l’année était favorable à une meilleure pollinisation et production (alternance en 2013 + vergers voisins bien pollinisés en 2014), j’ai commercialisé 6000 kg en 2014 contre 3500 en 2013.

J’ai apprécié cette expérience pour plusieurs raisons :

  •  le producteur de fruits que je suis a besoin de partenaires pollinisateurs pour avoir de belles récoltes et cette  année, il semblerait que le résultat soit déjà là.
  • autrefois je louais des ruches à un ami apiculteur bio mais ça n’a pas été nécessaire cette année
  • à terme, mais assez rapidement tout de même, on installe une population naturelle et locale d’abeilles sauvages, plus efficace en plusieurs points que les abeilles mellifères (plus robustes, travaillant plus tôt et une meilleure qualité de pollinisation,...).

Même si l’expérience est passionnante et parce que je suis bien occupé par ailleurs, je n’ai pas eu les moyens de faire ça comme il faut (comptages aléatoires, retrait tardifs des abris, récoltes tardives de pupes,...) et malgré tout,  les résultats sont encourageants.

J’ai fais copie du mail à Fleur Moirot d’Agribiodrome et des personnes du GRAB (sur le point de faire leur commission d’orientation des expérimentations 2015) pour stimuler si possible un appuis au suivi de prochaines expérimentations (chez moi ou ailleurs).

En vous remerciant pour votre aide précieuse et dans l’attente de réfléchir ensemble aux actions à mener cette année."

Une belle introduction sur la diversité d’abeilles sauvages

Si vous avez le temps, voici un film magnifique fait sur les abeilles sauvages* (surtout les abeilles solitaires).

Cette vidéo est d'une qualité HD de 43 minutes.  N'hésitez pas à vous faire une tasse de thé, de mettre votre téléphone en mode avion et d'afficher la vidéo en plein écran (le carré en bas à droite du cadre de la vidéo).

C'est également visible ici (un lien vers Youtube à l'extérieur du mon site).

* si la vidéo ne fonctionne plus, merci de le signaler sur ma page contact, car parfois les producteurs limite le droit d'afficher leur travail.

Une situation très préoccupante pour les hyménoptères

Voici la deuxième partie de ma dernière communication aux réseaux d'Osmiculteurs en mars, pour lancer une alerte et une discussion ou un débat :

"Deux sociétés (une société française et une suisse) commencent à importer systématiquement des cocons d'abeilles de lointains pays (du Canada, d' Italie, d' Allemagne et probablement d'autres pays de l'Est de l'Europe), des actes très dangereux pour l’environnement global des pollinisatrices.

La raison principale est dûe au fait que les abeilles solitaires (maçonnes et tapissières) étaient auparavant isolées depuis des millions d'années dans chaque région. En mélangeant d'une façon systématique des abeilles régionales avec celles issues d'importations, et selon les d'études scientifiques déjà faites, elles courent des risques énormes de futures épidémies causées par des virus et des bactéries inconnues aux populations, qui entrent en contact avec ces abeilles importées. Il y a aussi des espèces de champignons déjà bien repérées dans les populations d'abeilles maçonnes au Nord d'Amérique ainsi que d'autres parasites plus virulents qui arriveront dans les populations indigènes.
Il y a une forte possibilité que ces pathogènes vont s'étaler et toucher d'autres espèces d'abeilles solitaires et de bourdons qui partagent les mêmes fleurs et le même environnement.

La dangerosité de ces actes d'importation d'abeilles solitaires

Les abeilles solitaires et bourdons ont toujours assuré le fond de la pollinisation et la récolte des fruits, même si l'abeille à miel a été considérée comme l’héroïne de ce processus. Malheureusement les arboriculteurs ou particuliers qui acceptent ces cocons importés - sans connaître ou sans se soucier de leur provenance - courent le risque de perdre une partie d'autres espèces d'abeilles et d'insectes importants, comme les bourdons et les abeilles terricoles qui occupent déjà les espaces autour de leurs vergers.

Ces arboriculteurs risquent gros, pensant qu'ils vont augmenter leur récoltes avec la location ou l'achat de ces abeilles - des abeilles maçonnes (pour les arbres fruitiers) ou tapissières (pour la luzerne) - mais en fait ils iront potentiellement droit dans le mur en perdant une grande partie de leur patrimoine de pollinisatrices, touchées par des maladies inconnues. Au cours des années les vergers risquent de ne plus bourdonner...."

Au fur et mesure je vais publier les études scientifiques clefs qui soutiennent cette position (bientôt un sous-menu à droite).

Si vous voulez suivre les développements de notre débat et potentielle campagne contre le développement de ce trafic, vous pouvez me contacter et vous inscrire à une newsletter qui va bientôt traiter de ce sujet.